La Nouba Ghrib 2

 

 

 

 Editions BELDA

 

 

 

Ce disque comporte les morceaux suivants:

1 . Inqilâb Djarka: Hal saqat-nî r-râha
2
. M'saddar Ghrîb: Khadam lî sadî
3
. Btayhî Ghrîb: Narâk yâ man radîta bi-hidjrî
4
. Istikhbâr Arâq: Yâ ghazâlan djoumi'at fî-hi
5
. Dardj Ghrîb: Him bi-hâlî
6
. Insirâf Ghrîb: Tadhakkat ghusûn al-liqâh
7
. Insirâf Ghrîb: Yâ man laibat bi-hi sh-shamoûlou
8
. Insirâf Ghrîb: Yâ lâ'ima mouhdjatî
9
. Khlâs Ghrîb: Laysa lî fi d-dounya
10.Qadria: Sabahak bi-l-khayr

 

 

1. Inqilâb Djarka: Hal saqat-nî r-râha

Est-ce que tes yeux m'ont servi du vin à boire ?
Est-ce que ton visage a ravi mon esprit ?
Mais la beauté n'existe que lorsque tu parais !
Tu troubles alors le cur de ceux qui te voient !
Gloire à Celui qui t'a conçue pareil à un astre !
Au jardin, tu donnes sa beauté
Et à l'eau qui y coule, sa couleur argentée ;
Aux narcisses, tu as appris à baisser les yeux
Aux jasmins, tu as donné le sourire,
Et les roses, de tes joues, tirent leur couleur !

 

2. M'saddar Ghrîb: Khadam lî sadî

La fortune m'est enfin favorable,
Mon cur est en joie et mon âme apaisée ;
J'ai obtenu ce que je désirais
Et mes souhaits sont enfin réalisés.
Gloire à Dieu qui nous a réunis !
Bonheur renouvelé et curs en paix
Puisse notre union durer à jamais!
Ne te préoccupe point des censeurs,
En vaines paroles, laisse-les donc s'épuiser !

 

3. Btayhî Ghrîb: Narâk yâ man radîta bi-hidjrî

Ô toi qui acceptes de me voir exilé, loin de toi
Et qui m'as abandonné, seul, en compagnie des étoiles,
Tu as laissé les feux de la passion embraser mon âme
Et me frapper de malheurs de toutes sortes.
Je passe mes nuits, pensif et soucieux,
Espérant notre union, mais tu es toujours indifférent.
J'ai épuisé ma patience, ô mon hôte adoré ;
Toi, tu es toujours digne et moi humble et soumis ;
Si tu venais à en aimer un autre que moi, tu le regretterais
Et de la séparation, tu souffrirais sans fin.

 

4. Istikhbâr Arâq: Yâ ghazâlan djoumi'at fî-hi

Ô ma gazelle, en toi ont été réunis
Tous les attributs de la beauté ;
Que tu sois proche ou que tu sois loin de moi,
Mon âme, toujours, est ta demeure.
Viens à mon secours, toi mon seul désir,
Vois comme la mort s'approche et menace !
Veille toujours à notre serment,
Car, moi, jamais je ne le trahirai ;
Et sois clément avec un amant affligé
Que les peines d'amour ont anéanti.

 

5. Dardj Ghrîb: Him bi-hâlî

Fais de moi ce que tu veux,
Peine d'amour, souffrance et douleur me tenaillent ;
Je pleure sur un temps passé à jamais révolu.
Tu accrois mon mal, ô mon médecin, ô mon médecin !
Tu me manques tellement, ô  mon amour, ô mon amour !
Ai-je un espoir de redevenir un jour proche ton ami ?

 

6. Insirâf Ghrîb: Tadhakkat ghusûn al-liqâh

Sur les branches, les bourgeons ont éclot
Exhalant leurs parfums sur leurs rameaux,
Les fleurs s'ouvrent sur les joues de ma bien-aimée,
Et le musc de son duvet accroît son charme et sa beauté.
Viens voir, comme l'encre noire a déposé,
Sur ses joues vermeilles, des grains de beauté;
Ses lèvres sont rouges comme la cornaline
Et dans sa bouche, des perles brillent,
Et rendent vaine toute autre envie.
Ma bien-aimée, semblable à la lune,
Trône au-dessus de tous les astres ;
Ses lèvres sont d'une insolente beauté,
Et de leurs couleurs, les roses, les ont ornées.
Les fleurs s'ouvrent sur les joues de ma bien-aimée,
Et le musc de son duvet accroît son charme et sa beauté.

 

7. Insirâf Ghrîb: Yâ man laibat bi-hi sh-shamoûlou

Ô toi dont l'esprit ivre est le jouet de ce vin frais,
Vois ce noble caractère et ce naturel raffiné :
La belle coquette se pavane d'ivresse,
Tel rameau qui ploie sous la brise qui le caresse !
Muette, elle ne dit mot,
Mais ses yeux recèlent tant de missives.
Que notre rencontre est douce et sereine,
Pendant que le censeur est absent !
Amour, joie et ivresse,
Avec notre seul bonheur en tête !
L'astre luit sur son visage,
Et le rameau danse au creux de sa taille
Sur ses joues, les roses s'épanouissent
Et dans ses yeux langoureux,  les narcisses se fanent !
La belle coquette se pavane d'ivresse,
Tel rameau qui ploie sous la brise qui le caresse !

 

8. Insirâf Ghrîb: Yâ lâ'ima mouhdjatî

Cesse de me blâmer, toi qui reproches à mon âme d'aimer,
Du fond de mon être, les larmes ont jailli et coulent à torrents ;
De mes yeux, que Dieu leur accorde Ses bienfaits, se répandirent tant de larmes,
Le jour du départ de la bien-aimée, quand la caravane s'ébranla !
- Arrêtez-vous ! Encore un instant ! Le temps de faire mes adieux :
C'est vous que je désire, mais mon espoir a été trahi !
- Eloigne-toi sagement, m'a-t-on dit, ici n'est point ton chemin !
- Comment ? M'éloigner ? Alors que dans votre tribu est ma bien-aimée ?
Malheur à moi ! Je suis debout au seuil de votre campement
Espérant l'union, les yeux noyés de larmes de chagrin !
Triste à mourir, je vous dis que c'est l'amour qui m'a mené ici !
Le gardien de la tribu m'a alors demandé : Qui es-tu donc, toi ?
Puis compatissant à mon sort, tendrement, il m'a plaint
Et m'a dit : tu es à bout de ruses n'est-ce pas ?
Sache cependant que la belle au visage charmant
Etait bien ici, hier, mais qu'aujourd'hui, elle n'est plus là !

 

9. Khlâs Ghrîb: Laysa lî fi d-dounya

Ma vie n'a de sens que lorsque mon bien-aimé me rend visite
Et qu'il remplit ma coupe une fois que j'ai rempli la sienne.
En l'absence de l'espion jaloux, le sort nous favorise,
Réalisant mes désirs et rendant agréable ma vie.
L'amour a pris possession de mon cur,
Lève-toi compagnon et allons boire ensemble !
Dis-moi, je t'en conjure, pour quelle raison, de moi, t'es-tu éloigné ?
Sans aucune faute de ma part, tu as laissé mon pauvre cur effrayé.
L'amour me tient en son pouvoir !
Ô mon Dieu ! La patience est mon seul remède !
Les puissantes flammes que tu as attisées,
Brûlent tout au fond de mes entrailles.
L'amour a pris possession de mon cur,
Lève-toi compagnon et allons boire ensemble !

 

10. Qadria: Sabahak bi-l-khayr

Que ton jour se lève sur un matin béni
Et que tes soirs soient toujours pleins de joie !
Celui qui te côtoie devient ton serviteur,
Et de ton amour  un éternel otage !

Traduit de l'Arabe par Saadane Benbabaali

 

 

Les musiciens:

. Nadji HAMMA: Oûd
. Mohamed El Amine BELOUNI: Oûd
. Mokrane BOUSSAÏD: Violon-Alto
. Lhadi BOUKOURA: Violon-Alto
. Nacer RAHAL: Violon-Alto
. Mansour BRAHIMI: Mandoline
. Abdelhalim GUERMI: Ney
. Djihad LABRI: Qanoun
. Sofiane BOUCHAFA: Tar
. Mourad TALEB: Derbouka

et Beihdja RAHAL à la Kouitra.

 

Enregistrement Numérique : Bouabdellah Zerrouki (Décembre 2009)
Direction artistique : Beihdja Rahal
Traductions de la poésie : Saadane Benbabaali
Photos : Amel Meddour et Beihdja Rahal
TT : 78'19"

En collaboration avec :
Air Algérie et L'office national des droits d'auteur et des droits voisins (O.N.D.A)