Beihdja Rahal en concert évènement |
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Un concert pensé comme un rendez-vous décisif avec Beihdja Rahal. Le 3 mars, elle investira la salle Ibn Khaldoun à Alger pour une soirée construite autour de la Nouba et de la transmission. Une date qu'elle a choisie de ne pas multiplier. « Pendant ce mois de Ramadhan, je donne un seul concert. Je l'ai présenté comme un concert événement. Je me suis entièrement concentrée sur cette date », explique-t-elle à Dzdia. Ce choix annonce la couleur. L'artiste veut proposer un programme maîtrisé, sans dispersion, et placer la Nouba au centre de la scène. Beihdja Rahal à l'ère de la transmission La particularité de ce concert ? La présence d'une jeune interprète en première partie. Romaïssa Kaid Youcef ouvrira la soirée. « Ce qui rend cette date particulière, c'est l'invitation d'une voix féminine de la nouvelle génération, Romaïssa Kaid Youcef », confie-t-elle à Dzdia. La jeune chanteuse a décroché la troisième place du prix de la Fondation Abdelkrim Dali 2024. Ce n'est pas un hasard. « Avant elle, j'ai invité Nassima Haffaf puis Asma Aït Chabane. » Pour Beihdja Rahal, cette démarche est devenue une ligne artistique. « Inviter ces voix féminines, c'est ma manière d'encourager la relève. Il faut montrer qu'il y a une continuité, surtout pour la voix féminine. » Cette volonté s'inscrit dans son propre parcours. Formée très tôt à Alger, notamment auprès de Mohammed Khaznadji, elle connaît l'exigence de la Nouba. Elle a appris la rigueur du chant et la maîtrise de la kuitra au sein d'associations comme El-Fakhardjia et Es-Sendoussia. Aujourd'hui, elle transmet à son tour. « Mon nom est associé à la Nouba. Quand je monte sur scène, j'interprète une Nouba, puis un Aroubi, un Hawzi ou du Medh durant Ramadhan. Mais une génération doit avancer. C'est à moi de l'accompagner sur cette voie, qui reste difficile. » Depuis le lancement de ce concept, les messages affluent. « Beaucoup de jeunes voix féminines me contactent par mail ou via les réseaux sociaux pour se présenter. J'en suis heureuse, car je suis là pour elles », ajoute-t-elle auprès de Dzdia. Une Nouba au cœur du programme du 3 mars Le programme de Beihdja Rahal en concert à Alger suit une construction précise. Romaïssa Kaid Youcef interprétera des extraits d'une Nouba dans le mode Ghrib. Beihdja Rahal proposera ensuite une Nouba en mode Rasd-dil. Puis, un programme de Medh marquera le mois de Ramadhan. Enfin, la jeune chanteuse reviendra sur scène pour un duo de clôture. La Nouba reste le fil conducteur de son œuvre. « Pour moi, la Nouba n'a pas de fin. Je continuerai à l'enregistrer et à l'interpréter. Et si j'arrête un jour, la nouvelle génération prendra le relais », affirme-t-elle à Dzdia. Son discours rejoint son parcours. Installée en France au début des années 1990, elle a fondé son propre ensemble et a monté une école d'apprentissage de musique andalouse. Ce format favorise l'écoute et l'improvisation. Il permet aussi de redonner toute sa place à la structure de la Nouba. Elle rappelle d'ailleurs un point essentiel. L'école d'Alger compte douze Noubas. Pourtant, son répertoire discographique dépasse ce nombre. « Chaque album correspond à une Nouba. Mais on ne chante pas tous les morceaux d'un même mode. On respecte une structure avec un Mseder, un Btayhi, un Derj, un Insiraf et un Khlass. Ensuite, les combinaisons varient. Même dans un même mode, les possibilités sont nombreuses. » Ainsi, une Nouba Rasd-dil peut prendre différentes formes selon les pièces choisies. « Les combinaisons sont presque infinies », précise-t-elle. Transmission et avenir de la Nouba Au fil des années, Beihdja Rahal a multiplié les enregistrements et les distinctions. Toutefois, elle insiste aujourd'hui sur un autre enjeu. « Ces dernières années, je me consacre davantage à la transmission et à la formation. C'est ce qui restera. » Cette orientation éclaire le sens du concert de Beihdja Rahal à Alger le 3 mars prochain. Plus qu'une performance, la soirée se veut un espace de continuité. Une scène partagée. Et une Nouba portée à deux voix, pour inscrire son avenir dans le présent.
Yasmine Dorbane |
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